Les origines du drapeau pirate?

Les origines du drapeau pirate?

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À l’abordage ! Aujourd’hui nous allons voir un article sur les origines du drapeau pirate ! Si vous aussi vous êtes passionné d’Histoire ou simple amateur de drapeaux thématiques historiques et de leurs significations, vous trouverez dans cet article des informations relatives au fameux drapeau Jolly Roger qui a traversé les époques et qui reste encore très célèbre dans la culture populaire. Vous trouverez par ailleurs sur notre site une large gamme de drapeaux à thématique historique de qualité. 

 

Aux origines de la piraterie

 

Étymologiquement le mot pirate vient du latin pirata (“celui qui tente la fortune, qui est entreprenant”) Ce dernier étant emprunter au grec peiratês qui signifie “brigand, qui court les mers pour attaquer les navires”Cicéron décrit dès l’Antiquité les pirates comme étant “ennemis communs de tous” du fait qu’ils échappent aux catégories habituelles du droit.  

 

 

C'est à l’époque médiévale que le sens du mot pirate se restreint et désigne plus précisément les bandits en mers, qui pillent les navires de marchandises. Il faut cependant distinguer les pirates des corsaires, qui sont eux des civils prenant les armes avec l’autorisation de leur gouvernement (grâce aux fameuses lettres de marque). Bénéficiant, selon les lois de la guerre, d’un statut équivalent aux militaires tout en étant insoumis à l’autorité d’un état-major, ils sont indépendants. On peut citer par exemple Robert Surcouf, célèbre corsaire français des années 1800 qui harcela de nombreux navires militaires et marchands britanniques. 

Jusqu'à la fin du Moyen-Âge, il existe une confusion entre les termes de pirate et de corsaire. En effet, on employait alors indifféremment le terme pour désigner l’un ou l’autre. La lettre de marque délivré par un État souverain permettant de les distinguer n’apparaitra qu’avec la création de ces derniers en Europe au cours des XVI et XVIIème siècles. Les corsaires étaient utilisés pour faire la guerre aux nations ennemies en s’attaquant à leur commerce mais, en temps de paix, certains pouvaient devenir pirates (comme les célèbres Francis Drake ou Jean Ango) Cependant, il faut noter que tout corsaire autorisé par un État était qualifié de pirate par les États ennemis. Tout corsaire était donc un pirate du point de vue d'un État tiers. 

La piraterie a connu, à la fin du Ier siècle av. J-C en Méditerranée, une période faste ainsi qu’au XVIIIème siècle dans les Antilles et l’océan Indien. Elle remonte néanmoins jusqu’à l’Antiquité et toute civilisation ancienne ayant possédé une marine y a été confrontée. Chez les Phéniciens ou les Mycéniens, la mer étant considérée comme un espace libre ou règne la loi du plus fort. L’empereur Jules César affronta lui-même la piraterie. Pompée devint célèbre en nettoyant la Méditerranée des pirates ciliciens. Les Vikings usèrent aussi de piraterie à laquelle ils ajoutèrent un aspect d’exploration et dévastèrent l’Europe occidentale de la fin du VIIIème au début du XIème siècle. Les Narentins furent des pirates slave païens qui attaquaient les navires marchands en mer Adriatique du IXème au XIème siècle. En 928, les musulmans de Sicile les recrutèrent notamment pour piller et attaquer la Calabre, la Sardaigne ou encore la Corse. 

pirates en méditerranée.

 

C'est dans les années 1660 que la piraterie atteints son âge d’or. Lors des conflits entre Français, Anglais, Hollandais et Espagnols. À partir de 1690, de nouveaux groupes opèrent dans l'océan Indien. Les pirates étant alors majoritairement encouragés par les Anglais pour des raisons de bénéfices importants aux Antilles anglaises et en Angleterre. Mais à partir de 1700, le commerce se mondialise et, entre 1716 et 1726, un mouvement spontané de piraterie apparaît. Il ne sera pas soutenu par les États nations et les classes dirigeantes et Britanniques et Français vont coopérer pour le réduire et le faire disparaitre. Des centaines de pirates seront pendus à cette période.   

Si au Moyen-Âge et à l'époque moderne la formule de Cicéron définissant la piraterie comme étant un ennemi commun à tous fais l’unanimité il faudra attendre 1982 et la Convention des Nations unies sur le droit de la mer pour qu’apparaisse une définition plus claire et précise du terme pirate : Il est alors défini comme un “criminel de droit commun intervenant en haute mer à partir d’un bâtiment.” Du point de vue du droit international, la piraterie est considérée comme le plus vieil exemple d’utilisation du principe de juridiction universelle. La piraterie étant, par définition, pratiquée en dehors des juridictions nationales, les poursuites engagées par des États souverains contre des pirates constituent une situation juridique exceptionnelle.  

 

illustration de Barbe Noire.

 

Les pavillons pirates et corsaires

 

Ce sont les pavillons utilisés par les pirates pour signifier leur intention et intimider les navires ciblés. On parle abusivement de drapeau pirate mais ce terme n’est pas juste : en mer, il n’existe pas de drapeaux uniquement des pavillons. Ces derniers peuvent parfois être absents et variés de couleurs. Bien que le noir et le rouge soient les couleurs les plus présentes, de manière générale. 

Le Jolly Roger est l’image la plus célèbre du drapeau pirate. Il est noir et orné d’une tête de mort surmontant deux fémurs ou, selon les représentations, deux sabres entrecroisés. Cette expression apparaitrait pour la première fois dans l’Oxford English Dictionary de 1724. 

Historiquement, ce pavillon reprendrait une expression connue depuis l’Antiquité : Le memento mori littéralement “souvenons-nous que nous allons mourir” En piraterie ce rapport à la mort renvoi à un hommage à la vie qui peut paraitre contradictoire. Puisque la vie est courte et la mort omniprésente, il faut se hâter de vivre. C’était la philosophie du célèbre pirate Bartholomew Roberts. 

Peinture de Bartholomew Roberts

 

Le Jolly Roger, issu de l'anglais, se traduit par "Roger l'enjoué" ou le "joyeux Roger". Certainement en référence au ricanement apparent du crâne. Sa première apparition documentée ne remonte cependant qu’en 1700, lorsque le français Emmanuel Wynne le hisse lors de l’abordage d’un navire anglais.  

Lors d’attaques, les pirates hissaient dans un premier temps le pavillon noir pour inciter leur cible à se rendre sans combattre. Le noir étant en Occident la couleur du deuil et des enfers, il possédait un certain impact psychologique. En cas de refus, les boucaniers hissaient le pavillon rouge, qui annonçait le combat “sans quartier”. 

Si les pavillons unis noirs ou rouges étaient les plus courants il existait différentes versions du Jolly Roger :  

  • Le crâne et les tibias, symboles macabres propres aux ossuaires ou à certaines armées européennes depuis le XVème siècle (comme celui de Emmanuel Wynne). 
  • Le sablier renvoie à la notion du temps qui s'écoule, qui rapproche de la mort ou s'achève par elle. 
  • La symbolique guerrière menaçante des sabres et des armes. 
  • Parfois, des cœurs ou des gouttes de sang (comme le pavillon d’Edward Teach).
  • Plus rarement des lettres ou des inscriptions (utilisé par Bartholomew Roberts).

L'expression est donc certainement d’origine française. Les boucaniers et pirates appelant leur pavillon rouge “le joli rouge” qui donnera par déformation “Jolly Roger”. Il existe de nombreuses expressions de flibustiers en piraterie pour le combat comme les célèbres “pas de quartier”, “à l’abordage”, “branle-bas de combat” ou encore l’expression “prendre son pied”. 

 

L'abordage de la Chevrette à Brest.

 

 

Aujourd’hui, l’imagerie du pirate est encore très célèbre notamment dans la culture populaire. De nombreux films, séries, mangas ou jeux vidéo se déroulant dans cet univers maritime de tirs de canons et de combats aux sabres épiques ! Si vous êtes un passionné de piraterie et de drapeaux à thèmes qui ont traversé l’Histoire, vous trouverez sur notre site une large gamme de drapeaux à thèmes, à des prix intéressants  

 

 

 

 


1 commentaire

  • Bladla

    Passionnant, merci pour cet article !

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